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Antisémitisme sur Twitter, l’UEJF remporte la bataille.


Le tribunal de Paris, ce jeudi a ordonné à Twitter de communiquer les données d’identifications des auteurs des messages antisémites et racistes. L’entreprise est également tenue de mettre en place un dispositif pour que les utilisateurs du réseau signalent des «contenus illicites».



Inutile de tergiverser, l’affaire est entendue ! Les mots-clés #unbonjuif, #unjuifmort, #sijétaisnazi, #unbonnoir ou #simonfilsestgay regroupant les tweets antisémites, racistes ou xénophobes ne relèvent pas du droit américain qui, par principe, admet la totale liberté d’expression sur le Net, mais du droit français, contrairement a ce que prétendait le site de microbloging devant le juge du tribunal de Paris.

Rappelons que la loi française interdit " toute discrimination fondée sur l’appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ". Ces dispositions ont été complétées en 1990 par la loi Gayssot, tendant à réprimer les " actes antisémites, racistes ou xénophobes "  ainsi que la " contestation des crimes contre l’humanité  " perpétrés durant la seconde guerre mondiale.



Stéphane Lilti, l’avocat des associations antiracistes, est satisfait du jugement " cette décision proscrira le sentiment d’impunité qui fait le lit de toutes les dérives ".  Un succès face aux géants de l’internet, se félicite également Jonathan Hayoun, le président de l’UEJF, qui s’inquiète maintenant de l’interprétation que Twitter va donner à un " contenu illicite  ", selon lui, " le site de microblogging tentera de négocier le degré d’inacceptabilité d’un tweet, ce type de compromis mettrait à bas toute la législation qui a été construite pendant des années."


Inquiet également des suites de l'affaire, Jérémie Zimmermann. Le porte parole de La Quadrature.Net, l’association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, qui combat toute forme de cybercensure, estime que les internautes vont signaler à tout-va les messages qu’ils jugeront illicites " le problème n’est pas tant le signalement de ces contenus, mais bien le traitement qui en sera fait derrière et le déploiement de mesures de censure par des acteurs privés ne devrait pas être toléré dans un Etat de droit ".


Pour autant, la solution du " laisser faire " est  à bannir selon le gouvernement, qui réunira fin février un comité interministériel consacré à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui aura pour mission, la veille des dérives sur le Net et " la sensibilisation, la formation des agents publics et  l’éducation à la citoyenneté républicaine  "


Enfin, à l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, la ministre du droit des femmes, qui a en charge une mission de lutte contre les discriminations en raison de l’orientation sexuelle, une autre réunion se tiendra le 8 février avec les associations et deux représentants de Twitter où sera abordée la question des messages homophobes qui se sont propagés récemment sur le réseau de microblogging.

Dominique Desaunay
25/01/2013
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