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Cloud computing à la française : c’est parti !




Depuis trois ou 4 ans un terme revient périodiquement sur le devant de la scène high tech, c’est le "cloud computing" ou "l’informatique en nuage". Au risque de décevoir les fans de nouvelles technologies, cette informatique dématérialisée n’est pas une innovation technologique. C’est plutôt un mode fonctionnement et de consommation de données sur internet. Principalement réservé au monde de l’entreprise, l’informatique des nuages connait actuellement un essor et la compétition entre les systèmes proposés fait rage. Dernièrement, le FSN, c’est-à-dire le Fonds national pour la société numérique, a annoncé le financement à hauteur de 75 millions d'euros un projet d'informatique "en nuage" porté par SFR et Bull afin de stocker et sécuriser les données informatiques sensibles françaises et européennes.



Le cloud computing à la française a-t-il un avenir en Europe ?
Le cloud computing à la française a-t-il un avenir en Europe ?
L’informatique en nuage est un concept qui comprend de multiples définitions : pour certains le « cloud computing » consiste à déporter sur des serveurs distants les traitements informatiques qui jusqu’alors étaient implantés dans les machines des utilisateurs. Par exemple son système de gestion de clients ou son traitement de textes, qui en informatique "des nuages" n’est plus dans votre ordinateur, mais à l’extérieur de votre machine.


Pour d’autres le concept est plus large, il concerne toute l’informatique d’une société, qui place toutes ses ressources internet et techniques au cœur de son activité. Ce qui permet d’utiliser par exemple une puissance de calcul de façon distante ( sur un supercalculateur) et de bénéficier du résultat en ligne sur un simple ordinateur de bureau.


Enfin pour d’autres, il s’agit tout simplement de délivrer les ressources informatiques et les données sans se soucier du type de matériel que l’on emploie : ordinateurs ou écrans de tablettes et même de smartphones.


De toutes ces définitions nous pouvons conclure qu’il s’agit d’une manière de faire de l’informatique connectée et dématérialisée et non pas d’une nouvelle technologie.


L’idée générale est que c’est un modèle qui permet d’accéder aux données et aux logiciels à la demande selon ses besoins. Un peu comme si l’informatique était distribuée comme l’électricité, au bout d’une prise. Il suffit de se brancher et de demander telle ou telle puissance de courant électrique selon ce que l’on doit faire


Cette « informatique en nuages » a de nombreux avantages. Elle séduit de plus en plus les entreprises. Elle participe à la réduction des couts investis dans le matériel informatique, elle permet d’avoir un accès aux données et aux logiciels, de façon simplifiée et à la demande.


Pourtant certains s’inquiètent de porter leurs données dans un serveur décentralisé où ils ne sauront jamais où sont stockés leurs documents sensibles et si c’est vraiment d’une sécurité à toute épreuve. Pour le grand public, il n’y a pas de grands risques. On peut stocker ses photos, sa musique.


Pour les petites entreprises, c’est une occasion de bénéficier d’une informatique lourde sans devoir faire de gros investissements. Pour les grandes entreprises, les grandes organisations et même les gouvernements, c’est le moyen idéal pour que leurs personnels et leurs partenaires puissent accéder aux données et aux logiciels, où qu’ils soient dans le monde.


Mais il n’y a pas qu’une seule façon de faire du « cloud computing » et les grandes entreprises high tech du monde proposent chacune leurs systèmes. C’est à une guerre commerciale que nous assistons, jusqu’aux gouvernements qui essaient d’avantager telle ou telle firme. C’est dans ce contexte que la France a fait du numérique un des axes de son Programme d’Investissements d’Avenir.


Elle consacre 4,25 Md€ au développement de l’économie numérique à travers un fonds spécial, le Fonds national pour la Société Numérique, le FSN, et a choisi ses systèmes « d’informatique en nuage »..


En effet, le FSN vient d’annoncer la création d’une société à vocation française et européenne, ayant pour objectif de construire et d'exploiter une centrale numérique qui comme une centrale de production d’électricité, fournira aux entreprises et administrations, une gamme de services sécurisés couvrant les besoins en ressources informatiques, des plus courants aux plus critiques. Les plus critiques dans ce cas sont les données sensibles à haute valeur commerciale comme des études de marchés, des prévisions boursières, etc..


Et à la surprise générale il y aura donc deux projets Andromède, du nom de baptême de ces projets de « cloud national ». En avril déjà Orange et Thales, avaient fait valider par le gouvernement un premier projet.


Aujourd’hui c’est SFR et Bull qui reçoivent l’aval des autorités pour développer cette "informatique en nuage" franco européenne qui prévoit la création directe d'environ 400 nouveaux emplois. Le capital sera détenu à 47% par SFR, à 20% par Bull et à 33% par la Caisse des dépôts et consignations, le tout rassemblé au sein du Fonds National pour la Société Numérique.


Le « cloud computing » à la française a-t-il un avenir en Europe ? La concurrence sur ce marché naissant est difficile. Les géants de l’informatique mondiale comme IBM, Microsoft, Google et même Apple ont déjà investi depuis plusieurs années des fonds colossaux pour créer leurs standards de « cloud computing »...


Mais pour les particuliers la révolution conceptuelle de l’informatique en nuage fera partie de leur quotidien quand tous les objets qui les entourent seront connectés à internet, cela ira du smartphone à la télé en passant par tous les systèmes automatiques de gestion des maisons et même des voitures...


On peut imaginer qu’après la facture de gaz ou d’électricité, s’ajoutera la facture « cloud computing » dont le montant, espérons-le, sera accessible à tous et non pas réservé aux plus fortunés hyper connectés…
 

l_informatique_en_nuage_est_elle_une__nouvelle_revolution_du_net.mp3 L’informatique en nuage est-elle une nouvelle révolution du Net.mp3  (2.16 Mo)


Dominique Desaunay
10/05/2012
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