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Copwatch, le site qui flique la police


Le site s’appelle Copwatch, il s’inspire largement de sites américains lancés il y a une dizaine d’années. Il s’agit de diffuser sur des plateformes similaires l’identité et les photos de plusieurs centaines de policiers sur internet, notamment lors de manifestations mais aussi d'interpellations, avec en plus l’adresse, le numéro de téléphone des forces de l’ordre concernées.



Copwatch
Copwatch
Les fondateurs de Copwatch, un "collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l'information contre les violences policières", sont pour le moins anonymes, impossible pour le ministère de l’Intérieur qui veut fermer ce site anti-police de savoir qui ils sont exactement.


Ils ont un slogan : Surveillons ceux qui nous répriment, peut-on lire sur la page d’accueil de leur site.


L'Intérieur estime qu’ils sont dans l’illégalité. Il y a d’abord eu une plainte du 2ème syndicat des gardiens de la paix. Pour eux, identifier les fonctionnaires de police, faire état de leur vie personnelle, diffuser des informations privées les concernant, relève de l’appel à la haine.


Le ministère n’a pas tardé à réagir en déposant la semaine dernière deux plaintes en diffamation contre ce site anti-police. Ce qui choque surtout les syndicats de police ce sont les commentaires qu’ils qualifient d’injurieux qui accompagnent les photos et les vidéos.


Pourtant, ce phénomène n’est pas nouveau, c’est même une importation des États-Unis, plus exactement de la Californie où des associations de quartiers ont lancé ce type d’opération, c’était à la suite d’émeutes dans les années 90… Et la méthode des « Copwatch » français est exactement la même. Mais bon nombre de reportages réalisés aux USA montrent que là bas, les mentalités évoluent et que parfois, les forces de l’ordre, ne sont pas contre la présence des Copwatchers.


Surveiller la police ? Le procédé est-il légal ?? Que dit exactement la loi ? La loi n’interdit pas de prendre en photos ou de filmer des policiers en civil ou en uniforme.. Mais si les auteurs utilisent ces clichés ou ces vidéos à des fins calomnieuses, alors là, ils peuvent être poursuivis et c’est aux fonctionnaires de police de saisir la Justice pour outrage à agent ou atteinte à la vie privée sans oublier le droit à l’image..


On a bien compris que le ministère ne laissera pas passer la pratique du copwatching sur internet en France. Le référé du ministère de l’Intérieur sera examiné le 12 octobre par le tribunal de grande instance de Paris, visant à obtenir des fournisseurs d'accès le blocage des "pages diffamatoires et injurieuses" du site Copwatch. Mais cela risque d'être compliqué. L' URL a été achetée en France, le site est basé chez l’hébergeur militant Rise Up, aux États-Unis. Le faire fermer sera extrêmement difficile pour la justice française.

Dominique Desaunay
08/10/2011
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