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Debtocracy le film sur la dette grecque


Financé par les internautes grecs et libre de droits, le documentaire "Debtocracy" rencontre depuis des mois un large public sur internet en appelant les Grecs à se débarrasser de leur "odieuse" dette, prenant ainsi exemple sur l’Équateur.



Debtocracy
Debtocracy
Le documentaire Debtocracy a été visionné par plus de 2 millions d'internautes depuis avril et diffusé sur plusieurs télévisions étrangères, y compris au Japon.


"La télé publique grecque a refusé de le diffuser", déclare le co-réalisateur Aris Chatzistefanou, ancien journaliste de BBC World Service, licencié de la radio privée grecque Skaï quelques jours avant la mise en ligne du documentaire.


À l'origine Aris Chatzistefanou voulait réaliser un court reportage sur l'expérience équatorienne, mais face à l'afflux des dons des internautes (16.000 euros), il a choisi de réaliser un documentaire de 75 minutes à base d'entretiens avec des économistes de gauche aux quatre coins de la planète.


La question qui sert de fil rouge au films est : «Si ceux qui ont provoqué la crise ne veulent pas payer, pourquoi devrions-nous payer, nous?". Pour tenter une réponse, Debtocracy propose une "histoire de la dette grecque" depuis la formation de l'Etat au 19ème siècle et renvoie ensuite à l'expérience équatorienne quant aux moyens de s'en débarrasser. Quand le jeune économiste Rafael Correa arrive au pouvoir en Equateur en 2006, l’une de ses premières mesures est de renvoyer les représentants de la Banque Mondiale et du FMI puis de mettre sur pied une Commission d'audit de la dette qui a dénoncé comme illégaux une bonne partie des contrats passés par les précédents gouvernements avec les bailleurs de fonds du pays.


Le président équatorien s'est appuyé sur la notion de "dette odieuse", utilisée par exemple par les Etats-Unis en 2003 pour annuler l'essentiel de la dette irakienne contractée par le régime de Saddam Hussein. Pour qu'une dette soit déclarée "odieuse", il faut que « le régime ait contracté les prêts sans l'assentiment du peuple » et « qu'ils aient été gaspillés dans des activités contraires à l'intérêt du peuple ».


Cette notion est-elle applicable à la Grèce? Selon le documentaire, la réponse est oui. Et de rappeler le scandale des pots-de-vin versés par le groupe Siemens pour décrocher des contrats surfacturés, le conflit d'intérêt de la banque américaine Goldman Sachs, qui a conseillé le gouvernement grec tout en pariant sur l'accroissement de sa dette, et pour finir le coût abusif des JO de 2004. Debtocracy dénonce aussi "l'hypocrisie" de la France et de l'Allemagne qui ont prêté à la Grèce de l'argent pour qu'elle puisse continuer à leur acheter des armes.


Enfin, l'entrée de la Grèce dans l'Union européenne serait, selon les réalisations du film, à l'origine de l'explosion de sa dette car elle lui a fait perdre sa compétitivité, notamment face à l'Allemagne.



Dominique Desaunay
21/10/2011
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