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Des cerveaux (de rats) interconnectés


Des chercheurs américains et brésiliens ont réussi à interconnecter des cerveaux de rats, les rongeurs séparés de plusieurs milliers de kilomètres, ont échangé de l'information. Les scientifiques espèrent mettre au point une interface « cerveau-cerveau » permettant de connecter directement deux êtres humains …et de créer un "réseau social cérébral"



Entre cervelles de rats, on se comprend ! Telle pourrait être la morale de cette histoire de recherche en neurobiologie publiée dans la revue britannique en ligne Nature Scientific Reports .


Deux groupes de rongeurs, séparés de plusieurs milliers de kilomètres, sont reliés directement par des électrodes implantées dans leur cerveau.


Tous les rats sont élevés afin qu’ils réagissent à des stimulations visuelles ou tactiles.. L’objectif de l’expérience est qu’ils collaborent et accomplissent des tâches simples leur permettant d’obtenir des récompenses. Par exemple, ils doivent actionner un levier, lorsqu'une lampe s’allument, pour obtenir de l’eau, ou bien détecter et estimer la grandeur de l’ouverture de leur cage, grâce leurs moustaches, autrement appelées des vibrisses, pour accéder à la nourriture.


Le premier groupe de rats, installé à l’institut de neurobiologie de Natal au Brésil, accède aux indications visuelles ou tactiles. Le deuxième groupe, placé dans le laboratoire américain de Miguel Nicolelis à l'université de Duke, n’a aucune de ces informations pour accomplir les mêmes actions…


L’expérimentation a mis en évidence que les cerveaux de tous ces rongeurs interconnectés, par le truchement des électrodes, ont échangé des données. Le premier groupe de rats baptisé " encodeur ", envoie des signaux cérébraux afin qu’il guide leurs semblables du 2eme groupe nommé par les chercheurs les " décodeurs ".


Le résultat de cette expérience est étonnant, l'information provenant du rat " encodeur " a été décryptée par le rat " décodeur " dans la majorité des cas. Le dispositif fonctionne dans les deux sens, quand le rat " récepteur ", effectue correctement l’exercice, le rat "émetteur ", lui, obtient une boisson.  Avec la pratique, la plupart des rats " encodeurs " ont montré une activité neuronale accrue, facilitant ainsi le travail de leur alter égo.


Pour autant, les chercheurs n’expliquent pas comment le cerveau du rat " décodeur " réussi à interpréter les signaux émis par son congénère ? Perçoit-il, par exemple, les moustaches de son homologue comme les siennes ? Et pouvons-nous connecter des cerveaux humains en réseau ? Ce n’est pas pour demain, estiment les scientifiques, qui espèrent d’abord créer avec ce dispositif  le 1er ordinateur " biologique " fonctionnant non plus en mode binaire mais de manière analogique, et ensuite, d'équiper d’une interface " cerveaux-cerveaux " des patients paralysés et atteints du syndrome d'enfermement afin de briser l'isolement total dont ils sont  victimes.



Dominique Desaunay
14/03/2013
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