Connectez-vous S'inscrire

Ethiopie : France Télécom et la censure du Net


Un contrôle drastique d’internet a été mis en place par les dirigeants éthiopiens, contrôle qui utilise la technologie extrêmement intrusive du «Deep packet inspection». Pour info, c’est France Telecom qui contrôle l’unique opérateur en Éthiopie…Une mesure qui confirme le virage sécuritaire amorcé par l’Éthiopie.



Graphique TOR du Deep packet inspection
Graphique TOR du Deep packet inspection
Le réseau Tor, un collectif d’activistes qui lutte contre la censure sur Internet a publié le 31 mai sur son site le graphique des connexions directes à Internet depuis l’Éthiopie.


La courbe laisse apparaitre un soudain effondrement au milieu du mois. Plus de requête de site passée par un internaute éthiopien n’arrive directement à son destinataire puisqu’elles sont interceptées et détournées vers des serveurs qui les examinent et les trient. On peut clairement parler de censure.


Selon deux spécialistes mandatés par Tor, l’Éthiopie a mis en place le « Deep packet inspection » (DPI), une arme de censure extrêmement efficace pour contrôler internet. DPI consiste à examiner le contenu de chaque paquet d’information échangé sur le réseau. Ce système ne bloque pas les adresses internet, mais interdit l’accès à un site.. Cette surveillance permet également d’avoir accès à toutes les informations échangées par les internautes qu’il s’agisse du contenu des mails ou des mots de passe.


Parmi les pays qui utilisent « Deep packet inspection » on peut citer l’Iran, la Chine, le Kazakhstan. Pour mémoire le français Bull avait vendu ce service à la Libye du temps de Kadhafi et à l’époque cela avait soulevé un tollé de protestations qui avait contraint le groupe à se séparer de sa filiale Amésys.


En Éthiopie, c’est France Télécom qui assure depuis deux ans, la direction de la compagnie publique Ethio Telecom, qui détient le monopole dans le pays. Jean-Michel Latute, détaché de France Télécom, confirme la mise en place de Deep packet inspection. "Ca a été une décision des ministères. On n’a rien à voir là-dedans".
Et de rajouter « On utilisera une partie de ce service pour contrôler notre bande passante. Ca nous aidera à éviter que des clients abusent, en téléchargeant pleins de films, par exemple. C’est un instrument très utile ».


Cette réponse est vraiment bizarre quand on sait qu’en Éthiopie, l’Internet coute cher et est essentiellement payé à l’usage, empêchant tout abus. De plus, les connexions sont très lentes et il est quasiment impossible de télécharger un film…


Plusieurs journalistes sont incarcérés en Ethiopie au titre d’une nouvelle loi antiterroriste. Des sites de médias comme Voice of America ou Deutsche Welle, sont fréquemment bloqués, où surtout la législation sur les télécoms punit de 15 ans de prison l’usage de Skype très difficile à intercepter grâce à un protocole très particulier.


Gebremikael Debretsion, le ministre éthiopien des Télécommunications, ancien patron des services de renseignements surnommé « jammer » pour avoir brouillé les médias internationaux, radios sur ondes courtes ou télévisions par satellite,  n’a pas souhaité commenté l’introduction du DPI en Éthiopie.

Dominique Desaunay
11/06/2012
Lu 1017 fois







Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 6 Septembre 2013 - 16:49 Cyber surveillance, la NSA casse les codes

Jeudi 5 Septembre 2013 - 15:50 La cyber-guerre syrienne

Vendredi 25 Janvier 2013 - 17:32 Berk le logiciel anti récidive des États-Unis