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Nanoscience : La chair et le Cyborg


Les chercheurs des laboratoires de bio-ingénierie de l’Université de Harvard aux États-Unis ont réussi à greffer des tissus humains sur un maillage de nanofils, biocompatibles, pour créer une «chair de Cyborg».



La mise au point de biomatériaux synthétiques en trois dimensions permettant l’hybridation entre l’électronique et le vivant, concerne des domaines de recherche allant de la biophysique cellulaire à la médecine régénérative.



En utilisant un procédé similaire à celui employé pour graver les puces électroniques, les scientifiques de l’Université de Harvard aux Etats-Unis, ont conçu, à l'échelle du nanomètre, un enchevêtrement de fils microscopiques de silicium biocompatible. La nano structure obtenue, suffisamment poreuse, a été ensemencée ensuite avec des cellules vivantes, où elles se sont développées en volume.


«Les méthodes employées pour la culture de tissus humains ou de cellules ainsi que la surveillance de leurs croissances, à l’aide de système électronique, sont actuellement très limitées. Les capteurs, ne servant qu’à repérer les anomalies du tissu obtenu », explique le professeur Charles M Lieber de l’Université de Harvard .


Les chercheurs estiment que leur invention, permet enfin de travailler en 3 D, à l’échelle infinitésimale du biologique, sans interrompre le processus de la culture cellulaire . « L’hybridation constatée est telle, qu'il devient difficile de distinguer, où commence le vivant et où se termine l'électronique» indique l’étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Materials.


Le tissu obtenu, mi-biologique, mi-électronique, est sensible aux modifications chimiques de son environnement et aux flux électriques le parcourant, " les cellules nerveuses de notre corps font de même, en réagissant automatiquement au pH ou autres facteurs chimiques ", commente l’un des scientifiques de l’équipe, Daniel Kohane, du Harvard Medical School , professeur à l’hôpital des enfants de Boston , il ajoute, " nous devrions à l’avenir être capables d'imiter et de contrôler ce phénomène tant au niveau cellulaire qu’au niveau des tissus grâces aux bio-matériaux synthétiques " .


Cette biotechnologie a un potentiel d’application dans de nombreux domaines, elle intéresse en premier l'industrie pharmaceutique, quand il s’agit d’étudier précisément, comment les nouveaux médicaments agissent directement à l’intérieur de tissus humains, plutôt que de tester les nouvelles molécules, sur les fines couches des cultures cellulaires classiques.


Les bio matériaux serviront aussi à surveiller les greffes sur un patient, réagissant en cas de complication, par stimulation électrique, sur des implants de tissus cardiaques par exemple, ou administrant un médicament approprié au cœur même des cellules.


En revanche, la greffe d’organes complets, hybrides et bio-électroniques reste, pour l’instant, de la science fiction et la conception d’un Terminator, le robot cybernétique recouvert d'une couche de chair humaine, n’est vraiment pas pour demain.

3d_synthetic_biomaterials.pdf 3D synthetic biomaterials.pdf  (582.01 Ko)
la_chair_et_le_cyborg.mp3 La chair et le Cyborg.mp3  (1.99 Mo)


Dominique Desaunay
28/08/2012
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