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Quand l’État surveille nos tweets


Connaissez-vous le SIG ? Placée sous l’autorité directe du Premier ministre, le Service d’Information du Gouvernement, est chargé d’analyser l’évolution de l’opinion publique et du traitement médiatique de l’action gouvernementale. Le service a confié à une start-up la mission de surveiller ce qui se dit sur Twitter des principaux dossiers politiques en cours.



Le mois dernier, un article de l’hebdomadaire Challenges, assez peu repris par la presse, sauf celle spécialisée en marketing Internet, révélait que Matignon surveillait les tweets qui s’échangent sur le site de microblogging.


L’objectif du Service d’Information du Gouvernement est d’analyser en temps réel tous les messages sur Twitter afin de décrypter l’opinion des contributeurs et ainsi d’anticiper les réponses adaptées du gouvernement sur ce qui préoccupe les internautes.


Ce système d’analyse et de surveillance en temps réel est une sorte de baromètre des propos échangés sur Twitter qui permet de repérer et de " désamorcer " des crises qui toucheraient le gouvernement,  en identifiant, par exemple, les "signaux faibles", c'est-à-dire des tweets qui commencent à circuler en nombre et indiquent la cristallisation anormale de l’opinion sur un sujet en particulier.


Dernièrement, les hashtags et les mots-clés dans les messages comme "Florange" ou "Cahuzac" ont dû certainement déclencher de nombreuses alertes sur les serveurs du Service d’Information du Gouvernement


Afin de réaliser la  veille efficace de ce qui circule sur les réseaux sociaux, les services gouvernementaux ont besoin de machines et d'une excellente ingénierie Web. Visibrain, la start-up choisie par Matignon, gère depuis peu les systèmes informatiques d’analyse stratégique et de surveillance des messages postés sur Twitter. Cette jeune société qui travaille habituellement pour le compte de grandes entreprises, avait été sélectionnée par le candidat François Hollande lors de la campagne Présidentielle.


L’Élysée utilise également les services de cette entreprise, avec une petite différence, l’exécutif cherche plutôt à décrypter les signes profonds qui annoncent les grands changements de la société, en observant sur Twitter l’évolution de l’opinion en France sur le long terme, contrairement au système du Premier ministre, qui se concentre sur l'analyse de l’actualité chaude du moment.


Pour autant, peut-on se réjouir qu’un État scrute nos tweets en permanence avant de prendre ses décisions ? On peut s’inquiéter du risque inhérent à la pratique constante de sondages où seul les hyper connectés, censés être représentatifs de la majorité des citoyens, deviendraient en temps réel, les arbitres  de l’action politique menée par le gouvernement ?


Le spectre de la "démocratie d'opinion" et ses dérives teintées de démagogie, va-t-il de nouveau hanter et présider aux décisions, que doit prendre normalement un gouvernement ? Sur Twitter aussi… Opinion n’est pas raison…

Dominique Desaunay
10/12/2012
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